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Stratégie – les cibles

DÉFINITION

Objet, groupe ou individu visé·e par une action ou un objectif.

On distingue généralement deux grands types de cibles : les adversaires et les allié·e·s. Cependant, il est préférable de garder à l’esprit que les adversaires d’aujourd’hui peuvent être les allié·e·s de demain et que la frontière entre les deux est loin d’être imperméable. De la même façon, si un·e allié·e ne fait pas partie de notre groupe de lutte, c’est parce que sa vision et/ou sa stratégie est différente de la nôtre. Il semble donc important de ne pas l’idéaliser et de garder à l’esprit que certaines de ses positions ou de ses comportements devront peut-être être neutralisé·e·s.

Lors d’un conflit asymétrique (voir fiche Conflit), on distingue deux grands types d’adversaires qui agissent chacun avec des contraintes et des opportunités qui leurs sont propres :

Adversaire atypique / Souvent qualifié de “combattant de l’ombre”, l’adversaire atypique est limité en moyens. Il émerge généralement de la société civile et prend des formes diverses.

Adversaire régulier / L’adversaire régulier dispose de beaucoup plus de moyens. C’est un adversaire public et reconnu (Chef·fe d’Etat, Armée, gouvernement, etc). Il dispose généralement d’une certaine légitimité à utiliser la force coercitive.

Allié·e / Personne ou organisation qui forme une alliance ; qui apporte à une autre son appui, prend son parti.

ÉVENTAIL DES ALLIÉ·E·S

Aucune cible n’a de position figée sur l’éventail des allié·e·s. L’un des objectifs de la stratégie c’est de les faire se déplacer de droite à gauche.

Penser les acteur·rices dans leur pluralité

Chaque personne, chaque entité est plurielle. Certains des comportements et actions d’un·e acteur·ice peuvent nous être favorables, et peut donc la qualifier au titre d’allié.e ; mais un·e allié·e ne fait pas partie intégrante de notre groupe puisqu’il a aussi des actions ou des positions qui entrent en contradiction avec notre vision ou un de nos objectifs.

En conséquence, les cibles, allié.e.s comme adversaires, doivent être considérées dans leur complexité. Lorsque nous voulons déplacer la cible sur l’éventail des allié.e.s, nous pouvons aller plus en profondeur et nous demander comment neutraliser les objets qui ne nous correspondent pas, et optimiser ceux qui nous sont bénéfiques.

DES OUTILS POUR MIEUX COMPRENDRE NOS CIBLES

Afin de connaître au mieux les cibles, il est préférable qu’elles fassent elles-mêmes l’objet d’une étude approfondie de : leur entourage (alliances et adversités) ; leurs représentations sociales (le regard et l’analyse qu’elles portent sur le monde) ; et leurs piliers de pouvoirs.